Quelques nouvelles images des chais et dépendances, dont la teinte ocre évoque le Sud. Et du Sud, il a pas mal été question ces jours-ci, après le sirocco, et cette pluie de sable saharien qui s’est invitée sur le pays ! Rien de bien flagrant à ce moment-là de la journée, juste un ciel voilé et une grande douceur.
7 Mars 2022 : malgré deux haltes à Calon-Ségur (Saint-Estèphe) puis Grand-Puy-Lacoste (Pauillac), je déciderai cette fois-ci de mettre à l’honneur non pas les châteaux et vins du Médoc mais l’EAU : celle des demoiselles Averous à la grotte d’Artigues et maintenant celle, ferrugineuse (!) de la fontaine de Bernos.
La Fontaine de Bernos est d’origine gauloise. Les Gaulois adoraient les divinités des eaux et les druides célébraient leur culte dans des clairières ou pénétrait le soleil à proximité des sources ferrugineuses considérées comme des divinités. La vie spirituelle des Gaulois occupait une place importante dans leur groupe social. Les druides, vêtus de blanc, symbole de pureté de lumière et de l’immortalité de l’âme, dirigeaient des rassemblements au sein de la forêt devenue temple. La Fontaine de Bernos est un site riche de légendes et de mystères. Sa forme circulaire, ses eaux ferrugineuses, l’arche qui en délimite l’entrée et qui présentait une porte, son entourage de chênes. Ses légendes(*) laissent fortement penser que des cultes druidiques et celtiques ont eu lieu autour de cette fontaine qui n’a jamais été vue tarie.
(*) Entre autres légendes, on raconte qu’une fée revient s’y désaltérer, en souvenir de son existence terrestre, qu’une princesse s’y serait noyée et que ses cheveux roux coloreraient encore aujourd’hui son eau et, que si une jeune fille amoureuse jette deux épingles à cheveux dans l’eau et qu’elles se croisent, elle est assurée d’être aimée en retour.
J’avais évoqué la grotte d’Artigues et les demoiselles Averous en Novembre dernier, dans le billet consacré à la tour l’Aspic qui domine le vignoble du château Haut-Batailley (anciennement château Averous).
Anne-Francoise Averous, fervente croyante, fit aussi construire près de Pauillac, en 1897, la grotte d’Artigues, une réplique de la grotte de Massabielle, à Lourdes, où la vierge est apparue à Bernadette Soubirous en 1858.
Selon la légende, chaque année les demoiselles Averous échangeaient avec le chapelain de Lourdes un tonneau de leur vin (Haut-Bages) contre un tonneau d’eau bénite afin d’en arroser les vignes pour les protéger des maladies.
La grotte, protégée par des grilles, est surplombée d’une statue de la vierge et comprend un autel recevant des ex-voto.
Elle est à la fois un lieu de pèlerinage pour les croyants et pèlerins de Compostelle, et une étape agréable pour les promeneurs soucieux de mettre un peu d’eau dans leur vin !
C’était la première vraie balade depuis fort longtemps, pour repartir d’un bon pied en ce début d’année 2022 et revenir timidement sur la blogosphère. J’en profite pour vous présenter tous mes voeux de bonheur et santé !
Nous voici dans le Médoc, à Macau, sur le chemin du Bord de l’Eau, plus précisément « le Bout de l’Île », où se dressent donc, pieds dans l’eau elles aussi, deux étranges « pagodes » aux origines particulières…
;-)
Dossiers inventaire général du patrimoine culturel de Nouvelle Aquitaine :
Logis, dépendances et kiosques, vers 1960 (collection particulière) –(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel, (c) Communauté de communes Médoc-Estuaire
L’Argentine, clé de ce petit mystère !
Si Macau se tourne inlassablement vers les rives de l’estuaire, l’inspiration architecturale de ses bords de fleuve provient parfois de contrées situées à l’autre bout du monde. On peut ainsi observer deux charmants petits kiosques qui braquent leurs regards sur l’eau. Outre qu’ils nous offrent un joli point devue sur la Garonne et le Bec d’Ambès, avec leurs chapeaux stylisés (un toit hexagonal en tuiles vernies qui se termine par une bordure en rais-de-cœur) ces « pagodes » de 1888-1889 évoquent pourtant l’Amérique latine ! Elles signalaient l’entrée de la propriété du château Biré dont les négociants Dussaud étaient les propriétaires, on sait qu’ils commerçaient avec l’Argentine (à Buenos Aires on trouvait aux embarcadères des kiosques d’accueil très semblables) : c’est sans doute là qu’il faut chercher la clé de ce petit mystère (*) !
Toujours pas de château(x) en vue ! Comme je le disais dans le post précédent, il faudra pour ceci se rendre sur leurs sites respectifs… ou participer aux portes ouvertes de ce week-end ! (*)
Une deuxième série d’images après un tour « en ville », pour quelques couleurs d’automne et se situer par rapport à Bordeaux dont on aperçoit le Tripode (CHU Pellegrin).