- Pauillac, - Route des vins du Médoc, Médoc

Lafite-Rothschild, fontaine de Jouvence !

Quittant Pauillac, en direction de Saint-Estèphe, une nouvelle halte s’imposait devant l’un des plus prestigieux châteaux du Médoc, Lafite Rothschild (appellation Pauillac), « premier grand cru classé », une distinction rare qu’il partage avec Latour et Mouton Rothschild (également d’appellation Pauillac), Margaux (appellation Margaux), ainsi qu’avec Haut-Brion (du vignoble des Graves et d’appellation Pessac-Léognan).

Si le château Grand-Puy-Lacoste, vu précédemment, n’a connu que deux familles de propriétaires, il en est tout autre pour Lafite-Rothschild, dont l’histoire mérite un large chapitre !

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Château Lafite-Rothschild

Ses origines remontent à la Seigneurie médiévale de Lafite (XIVème), avec probablement de la vigne sur la propriété.

Jacques de Ségur effectue d’importantes plantations vers 1670.

La renommée de Château Lafite se fait à Londres dès le début du XVIIIème et bien plus tard en France, grâce au marquis Nicolas Alexandre de Ségur « prince des vignes » et au Maréchal de Richelieu (petit neveu du cardinal). Ce dernier, alors gouverneur de la Guyenne, se fait recommander par son médecin le château Lafite (la « tisane du Maréchal » !) et le fait connaître en 1755 à la Cour qui ne buvait alors que du vin de Bourgogne ou de Champagne.

« Maréchal, lui dit Louis XV à son retour à Paris, je suis tenté de croire que vous avez vingt-cinq ans de moins qu’à votre départ pour la Guyenne ». – « Votre Majesté ignore-t-elle que j’ai trouvé la fameuse fontaine de Jouvence? J’ai découvert que le vin de Château Lafite est un cordial généreux, délicieux et comparable à l’ambroisie des Dieux de l’Olympe »

Château Lafite devient alors le « Vin du Roi » !

Thomas Jefferson, futur président des Etats-Unis, ambassadeur auprès de la Cour de Versailles en fait l’éloge en 1787, dans ses notes de voyage et contribue à la renommée des vins de Bordeaux dans son pays.

Après des successions difficiles, le château passe de mains en mains, subit la Terreur, devient propriété de Hollandais.

En 1855, il est consacré « premier des premiers crus ».

Le Baron James de Rothschild l’acquiert en 1868, décède trois mois après, ses trois fils en héritent.

Suivront des périodes prospères, des calamités avec le mildiou, puis la 1ère guerre mondiale, la crise des années 30, la seconde guerre avec l’occupation du Médoc en 1940 et la séquestration de Lafite-Rothschild (et Mouton-Rothschild) où s’installe une garnison allemande. Les Barons n’en reprendront possession que fin 1945 et devront se consacrer à la remise en état du domaine pour assurer sa renaissance et confirmer son caractère d’excellence.

(en savoir + sur l’histoire de Château Lafite-Rothschild)

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Le château (inscrit MH en 1989) et le parc, se refaisant une beauté (face au miroir !) :

Château Lafite-Rothschild, Pauillac – 1er Juillet 2021

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« Grapp’iller » autour de Pauillac !

Trois mois ont passé depuis la balade au coeur de la vigne, et les gelées qui ont hélas suivi. Aussi, cette fois-ci, avant de me précipiter vers la rivière, j’irai « grapp’iller » quelques images autour de Pauillac, au hasard des petites routes qui quadrillent le vignoble.

Première halte : château Grand-Puy-Lacoste

Au sujet du château Grand-Puy-Lacoste

L’histoire de Grand-Puy-Lacoste fascine à plus d’un titre. Elle s’inscrit dans une saga familiale qui remonte au XVIème siècle.

Le nom de Grand-Puy vient de l’expression ancienne « puy » qui signifie « tertre, petite hauteur», et ce terroir est déjà mentionné dans des documents datant du Moyen-Age. En effet le vignoble s’étend sur l’une des croupes de terrain où sont nés les premiers crus du Médoc. Depuis le XVIe siècle, le cru s’est transmis de génération en génération et, par le jeu des alliances entre familles, il est resté au sein de la même descendance jusqu’en 1920, avant de reprendre un destin familial avec les Borie en 1978.

Grand-Puy-Lacoste a été classé Grand Cru en 1855 et fait ainsi partie de « l’élite » des vins de Bordeaux.

(source : site officiel du château Grand-Puy-Lacoste)

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En bordure d’une parcelle :

Vigne du Château Grand-Puy-Lacoste (Pauillac) – 1er Juillet 2021

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Bouqueyran : le château reconstruit pierre par pierre

Construit vers 1850, transformé après 1862, avec l’ajout des deux tours, le château Bouqueyran a changé de propriétaires à de multiples reprises. Le domaine est géré depuis 1995 par Philippe Porcheron, qui l’a acquis en 2011.

source image : Artcurial, cuivre gravé


Longtemps laissé à l’abandon, à l’état de ruine depuis la tempête de 1999, sa rénovation était difficilement réalisable.

Il a été démoli fin 2013 et reconstruit pierre par pierre sur le coteau d’en face

Source image : charpentes Champeau

(en savoir + : appellation Moulis, histoire du château, reconstruction)


De part et d’autre de la départementale :

Pressée d’arriver à Lamarque ou prise par le temps sur le chemin du retour, je ne m’étais jamais arrêtée à Bouqueyran. Et ces belles bâtisses m’intriguaient (j’ai ma réponse !…) tout comme l’ancien moulin (et l’arbre mort !)

Château Bouqueyran nouveau !

bâtisses autour du moulin :

Bouqueyran (Moulis-en-Médoc)le 10 Juin 2021

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Bouqueyran : l’ancien moulin, la vigne et l’arbre mort

(…) Déjà à l’époque Antique, marquée par la polyculture sous forme de latifundia (grandes propriétés), la vigne était cultivée à Moulis puisque trois établissements gallo-romains y ont été reconnus. C’est de cette époque que date le fameux cépage biturica, ancêtre de notre cabernet et qui a laissé dans le langage populaire le terme de « biture » pour désigner l’ivresse !

Durant le Moyen Âge, le Médoc est un des greniers de Bordeaux ; la présence de nombreux moulins, pour moudre le grain, l’atteste. C’est du terme « moulin » que Moulis tire son nom : Molinis / Moulinis. Les vignobles existants appartenaient à des propriétaires féodaux et à la communauté religieuse dont l’église romane atteste l’importance.

(…) source Wikipédia – Moulis-en-Médoc

Bouqueyran (commune de Moulis-en-Médoc) – le 10 Juin 2021

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A suivre :

Château Bouqueyran, reconstruit pierre par pierre sur le coteau d’en face

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Sur les terres du vigneron et du meunier !

Le 1er Avril dernier, à la recherche – comme je l’ai déjà raconté – d’une boulangerie autour de Pauillac, j’ai pris conscience que le vin et le Boursin ne sont rien sans le pain, et compris qu’il ait fallu parfois, dans des temps anciens, choisir entre soif et faim, vigne et blé !

Lors de la famine de 1566, Charles IX ordonne l’arrachage des vignobles en France pour semer du blé. Cet édit fut annulé sous le règne de Henri III, le roi recommandant alors aux gouverneurs de ses provinces de contrôler que « les labours n’ont pas été négligés dans leurs circonscriptions en faveur d’une culture excessive de la vigne » (source Wikipédia)

Visiblement, le point d’équilibre est trouvé, on n’arrache plus la vigne dans le Médoc ! Mais de nombreux moulins ont perdu leurs ailes, et leurs meuniers se sont endormis à jamais…

;-)

 

Vignoble et ancien moulin à Lamarque – le 19 Janvier 2021

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Non loin de là : encore de la vigne et un moulin qui a retrouvé son toit et ses ailes !

le château et le moulin rose de Malescasse

(clic sur vignettes pour (re)voir séries complètes)