- Bordeaux, BORDEAUX-METROPOLE

Bassins à flot de Bordeaux-Bacalan : un peu d’histoire…

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Une balade autour des Bassins à flots
a eu lieu le Dimanche 27 Janvier 2013.

(Photos suivront, sur ce blog et sur celui de Jean-Baptiste)

association Mers et Océans

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U-Bunker et bassin à flot n°2 –  Février 2009 (voir toutes les images des bassins à flot)

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Je remercie vivement  Jean-Baptiste JOHN pour l’envoi de l’article qui suit
et vous rappelle qu’une visite des Bassins à flot
a lieu ce dimanche 18 Novembre, à 15h00.

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Les Bases de sous-marins de Bordeaux
Article de Jean-Baptiste JOHN

La Base de sous-marins allemande (1), représentée par l’U-Bunker, est à différencier de la Base navale italienne qui s’installe sur le premier bassin à flot dès le 1er septembre 1940 (2).

La Base navale italienne est créée suite au Pacte d’Acier signé en 1939 entre l’Allemagne et l’Italie, qui prévoit notamment une coopération navale entre les deux puissances totalitaires. Cette coopération navale prend réellement forme à partir des rencontres dites de Friedrichshafen, les 20 et 21 juin 1939 entre l’Amiral Cavagnari et le Grand-Amiral Raeder (3).

L’armistice demandée par la France permet en effet, de choisir une base où des submersibles italiens seront mis à disposition de l’Allemagne. C’est ainsi que le choix de Bordeaux comme base navale est décidé. La Base est donc nommée BETASOM, nom de code qui facilite les liaisons télégraphiques ; « β » correspondant en effet à lettre grecque qui représente « Bordeaux » et « som » pour « sommergibile » signifiant en italien « sous-marin ». La marine italienne (Regia Marina), va affecter dans un premier temps 27 sous-marins à Bordeaux qui constituent le « 11 Gruppo di Sommergibili ». En tout 32 submersibles y seront basés, même si certains de ces sous-marins repartiront vers l’Italie, rappelés à d’autres missions.

Bien évidement, une véritable organisation militaire et maritime est mise en place. Ainsi, les questions de matériels, de personnels (4) et d’administration sont gérées par le MARICOSOM qui correspond au Commandement Supérieur des sous-marins, à Rome. Tout ce qui concerne les opérations en mer et les zones de patrouilles sont décidées par la Kriegsmarine – la marine de guerre allemande, plus précisément par l’Amiral Dönitz (5).

Cette Base cesse son activité en septembre 1943, à partir donc de l’annonce de l’armistice italienne. Toutefois, certains sous-mariniers et les bataillons italiens présents à BETASOM, choisissent de poursuivre la guerre avec l’Allemagne (6).

Alors que cette base est protégée des attaques aériennes par des simples installations légères, tels des filets installés sur des structures métalliques, les allemands construisent à partir de septembre 1941, un « garage à sous-marins » en béton armé sur le Bassin à flot n°2. Ce bassin constituera la Base de sous-marins allemande de Bordeaux. D’où ce deuxième point sur l’U-Bunker bordelais.

Dès l’Occupation, des villes portuaires-maritimes françaises servent de bases à la Kriegsmarine et des bunkers y sont édifiés. Le béton est utilisé, permettant notamment de construire des Bases de sous-marins. Ainsi dès la fin de l’année 1940 sur la presqu’île de Keroman (Lorient), en décembre 1940 à Brest et à partir de mars 1941 à Saint-Nazaire de gigantesques blockhaus sont en construction.

Les bases de La Pallice et de Bordeaux sont quant-à-elles commencées plus tardivement (fin 1941) (7). L’emplacement choisi pour y édifier celle de Bordeaux est le réservoir d’alimentation des Bassins à flots (8). La Base est construite à la fois par une main d’œuvre de volontaires français et étrangers employés par des entreprises sous-traitantes de l’Organisation TODT, ainsi que par des prisonniers et des requis eux-même de nationalités diverses. Le U-Bunker est conçu par Andreas Wagner et comporte notamment 11 alvéoles et un toit de 7 mètres d’épaisseur. Bien évidement cette structure est constamment renforcée, notamment par des poutres pare-bombes (9). Ce U-Bunker situé rappelons-le au niveau du Bassin n°2, est complété par une écluse fortifiée située à l’entrée du Bassin n°1. Cette écluse-bunker ne sera pas terminée à la Libération et détruite en 1947. Outre des petites fortifications, une tour annexe (10) (inachevée) et deux importants bunkers (11) , une soute à torpille (détruite) et un bunker-citerne à fioul (12), complètent ce garage à sous-marins. Cette base de sous-marins accueille à partir d’octobre 1942 la « 12. Unterseebootsflottille » sous les ordres du Capitaine de Corvette Scholtz (13). Elle comporte outre les U-boote d’attaques, des sous-marins ravitailleurs à long rayon d’actions.

Enfin, à partir de la Libération de la ville et de l’U-Bunker bordelais, de nombreux projets seront proposés sur le devenir de ce lieu, dont certains se réaliseront, mais ceci dépasse le cadre de notre article (14).

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(1) Les bases ne se situant pas sous l’eau, on ne peut parler de « bases sous-marines » 😉

(2) Date de l’installation effective du Contre-Amiral Parona en tant que Commandant supérieur de cette Base navale. La Base est officiellement ouverte le 30 août 1940 dès l’arrivée de Parona.

(3) Bien évidement d’autres correspondances et rencontres se tiennent avant la mise en place de Betasom.

(4) Ce sont uniquement des ouvriers et soldats italiens qui travaillent et surveillent la Base située au Bassin n°1.

(5) Qui est le BdU (Befehlshaber der Unterseeboote), Commandant en chef des sous-marins allemands.

(6) Les ouvriers et autres personnels non militaires ont des destins différents, certains sont placés dans des camps de l’agglomération bordelaise sous la surveillance des policiers français de Vichy (d’après un témoignage d’un fils d’ouvrier italien vivant à Bordeaux).

(7) Avril 1941 pour La Pallice et Bordeaux septembre 1941.

(8) Réservoir qui à longtemps servi aux habitants de Bacalan, de piscine pour y apprendre à nager.
Plus d’infos :http://bacalanstory.blogs.sudouest.fr/

(9) Structure « Fangrost ».

(10) Sert actuellement aux bureaux de la gestion culturelle de la Base.

(11) Un dispositif de « petites fortifications » est bien évidement mis en place dans le secteur de la Base. Un « petit bunker » est toujours visible près du Garage Moderne.

(12) Toujours visible au nord de la Base.

(13) Il est indiqué sur certaines publications non révisées et certains sites que des sous-marins japonais seraient passé à Bordeaux, or il s’avère qu’aucun submersible japonais n’est venu à Bordeaux contrairement à la base de Brest. Ce sont des U-boote et des sommergibili de Bordeaux, qui se rendent dans les bases japonaises.

(14) Bibliographie extraite (excepté le fascicule de G. Williamson, consulté récemment) de mon projet de recherche soutenu et validé en avril 2012.

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Bibliographie sommaire pour en savoir plus :

Yves BUFFETAUT, « Betasom, la base sous-marine italienne de Bordeaux », (pp. 36-43) M.M. N°30,  janv. 2003.

Francis SALLABERRY, L’Aquitaine Allemande, Bordeaux, Gironde, Landes, Pays-Basque, 1940-1945, J&D ed., Biarritz 1995 (pp.173).

Gordon WILLIAMSON & Ian PALMER, U-Boat Bases and Bunker 1941-45, Osprey Publishing, 2003, 2008 (5ème impression), (pp.64).

Un site modeste et génial de l’auteur de cet article :
http://submarinebaseinbordeaux.wordpress.com

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Janvier 2016
à lire dans les Annales de Bretagne et des Pays de l’Ouest :

« La délicate gestion des « U-Boot-Bunker » à Bordeaux et Saint-Nazaire,
de la Libération aux années 2000″

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19 réflexions sur “Bassins à flot de Bordeaux-Bacalan : un peu d’histoire…

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